La plupart l’accordent au pluriel

 

La plupart des ministres est sortie, quand on voit Edouard Philippe traverser le hall avec son monsieur retraites pour un dernier point.

Quotidien première partie (à environ 7 min 05 s),
TMC, émission du 11/12/2019

La règle :

La plupart (…), comme donneur d’accord, est un pluriel, ordinairement masculin, parfois féminin.

Le bon usage de la langue française 14e édition, Maurice Grévisse et André Goosse, 737 a p. 947

Ce que j’en dis…

Encore un cas où le français est paradoxal. Plupart est bien précédé de l’article singulier la. Pourtant, il est considéré comme un pluriel… dans la plupart des cas.

S’il est suivi d’un pluriel, pas d’entourloupe, on accorde au pluriel. Ainsi : la plupart des Français soutiennent la grève.

S’il n’est suivi d’aucun complément, même chose. Exemple : ah, ces éditorialistes, la plupart disent n’importe quoi.

Par contre, lorsque la plupart est suivi d’un singulier, il faut accorder au singulier. L’expression a alors le sens de la plus grande partie de. Ainsi : la plupart de cette réforme est inutile, néfaste et injuste. Ou encore : la plupart de ce billet a des exemples partisans.

 

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Le seoir se couche sur la sierra

 

Vous choisissez l’appellation qui vous sierra du moment que c’est propre et que ça fonctionne.

Pourquoi Michel Cymes déconseille d’aller aux toilettes avec son smartphone,
RTL.fr, 19/11/2019

La règle :

Conjugaison du verbe seoir au futur simple de l’indicatif : il siéra.

Conjugue ta mère

Ce que j’en dis…

Quiconque aime les parfums surannés sera rempli d’aise par le verbe seoir. Aujourd’hui peu usité, celui-ci est défini ainsi par Le Robert : « être considéré comme convenable, comme agréable, correct, normal ». Exemples : écrire une chronique sur l’usage du portable au toilette sied bien à l’humour de Michel Cymes ou : cette culotte fendue te sied à merveille. L’adjectif seyant dérive d’ailleurs de seoir.

Le mot sierra existe lui aussi, mais il désigne une « chaîne de montagnes aux sommets plats ou accidentés » (Cnrtl.fr). Un terrain difficilement praticable, qui a fait choir (et non pas seoir) Michel Cymes.

 

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Un infinitif dur comme faire

 

Je me suis faite embarquer par les pompiers.

La grande darka (à 20 min 25 s),
C8, émission du samedi 09/11/2019

La règle :

Notez que le participe passé de faire est toujours invariable quand il est suivi d’un infinitif, même quand il est pronominal.

Reverso

Ce que j’en dis…

Eh oui, encore du verbe pronominal ! Mais cette fois, on peut retenir la simple règle énoncée ci-dessus sans se triturer les méninges. Ainsi, on dira : la cliente s’est fait avoir, les policiers se sont fait tirer dessus, les manifestantes se sont fait entendre. Ou encore : cette chroniqueuse étourdie s’est fait piéger par un verbe pronominal.

Illustration : Dictionnaire encyclopédique Brockhaus et Efron, domaine public

 

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La liaison dangereuse d’Alain Finkielkraut

 

Il a été, pendans un certain temps, incarcéré en Suisse.

Alain Finkielkraut, dans La Grande Confrontation (à 1h 23 min 20 s),
LCI, 14/11/2019

La définition de pendant :

Tout au long de.

Cnrtl.fr

Ce que j’en dis…

Voilà un bel appel à l’humilité : même les académiciens se trompent. Concentré sur sa défense de Roman Polanski (et on peut comprendre que cela demande une certaine attention), Alain Finkielkraut en oublie que pendant finit par un t et non par un s. A moins que le philosophe ait voulu célébrer, à sa manière, les 25 ans de La cité de la peur, en faisant z’un clin d’œil discret à un sketch des Nuls.

Illustration : Jérémy BarandeLicence Creative Commons

 

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Pas d’accord pour se rendre compte !

 

A ce moment-là, ils se sont rendus compte que la victime est une femme et qu’elle était ligotée aux mains et aux pieds.

Un corps de femme ligoté repêché dans le Rhône à Lyon,
France Soir,
31/10/2019

Les règles :

Pour les emplois réfléchis ou réciproques (…), l’auxiliaire être étant mis pour avoir, le participe passé s’accorde comme s’il était conjugué avec avoir, c’est-à-dire avec le complément d’objet direct placé avant.

Le nouveau Bescherelle – 1. L’art de conjuguer, Hatier

Le participe passé conjugué avec l’auxiliaire avoir s’accorde avec le complément d’objet direct placé avant le verbe. S’il n’y a pas de complément d’objet direct, ou si le complément d’objet direct est placé après le verbe, le participe passé reste invariable.

Idem

Ce que j’en dis…

Certains lecteurs auront peut-être le sentiment d’avoir déjà lu les règles susmentionnées. Ils ne se trompent pas. Un précédent billet évoquait (et évoque toujours, d’ailleurs) l’accord du participe passé des verbes pronominaux. La pédagogie, dit-on, est affaire de répétition.

Pour la locution se rendre compte, le principe reste le même. Il faut accorder avec le complément d’objet direct (COD), s’il est placé avant le verbe. Ici, se est complément d’objet indirect (COI). Ils ont rendu compte à qui ? À eux-mêmes. D’une manière générale, ainsi que l’indique, avec clarté, la Banque de dépannage linguistique de l’Office québécois de la langue française, on n’accorde jamais avec l’expression se rendre compte. Sauf lorsque le guitariste s’est rendu compte que son instrument sonne faux, auquel cas il l’accorde.

Illustration : rawpixel.com

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Quelque temps : de la continuité de la durée

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logo-commentcamarche.net

Nous vous parlions il y a quelques temps de Vatefaireconjuguer.com, pour vérifier la conjugaison des verbes.

Scribens, le correcteur d’orthographe en ligne, commentcamarche.net, 07/03/2013

La définition de quelque

Quelque, en un seul mot, peut être employé comme adjectif indéfini (comme tel, il s’accorde en nombre avec le nom auquel il se rapporte) :

– au singulier, pour marquer une indétermination portant sur l’identité ou la quantité (…)

– au pluriel, pour indiquer un nombre indéterminé et peu considérable

Quelque, quelque…que, quel que in Questions de langue sur le site de l’Académie française

Ce que j’en dis…

L’indivisibilité de l’être humain avait déjà été évoquée sur ce blog. Il est question cette fois du caractère non dénombrable du temps. Le temps n’est pas une unité de mesure, il est donc absurde d’évoquer un nombre de temps*, que ce nombre soit fixé ou indéterminé. Ainsi, dans l’expression quelque temps, le mot quelque demeure invariable et ne prend donc jamais de s. Il exprime l’idée d’indétermination sur une substance. Quelque temps revient donc à un certain temps.

Il n’est pas toujours facile de s’en sortir avec quelque, comme un billet précédent s’attachait à le montrer… il y a quelque temps. Mais il est fâcheux de faire une erreur d’orthographe dans un article consacré précisément à un correcteur d’orthographe en ligne. À la décharge du rédacteur, il est vrai que ledit correcteur ne détecte pas cette erreur. Dans la guerre des humains contre les machines, l’homo sapiens conserve un coup d’avance sur Skynet, concernant la bataille de l’orthographe.

*Sauf en musique où les temps correspondent aux divisions d’une mesure.

Illustration :  Horloge astronomique de Prague – Frédéric Rieunier / Licence Creative Commons

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Mire l’express !

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La visite expresse à Paris (moins de 12 heures), fin septembre, du prince héritier d’Abu Dabi, qui a rencontré Nicolas Sarkozy à l’Élysée, s’est plutôt mal passée.

La saga du Rafale aux Emirats Arabes Unis (3/3) : le temps des fâcheries, Michel Cabirol, latribune.fr, 21/02/2013

La définition de express

Adj. invar.

Qui a été fait, décidé, exécuté à la hâte.

Le Grand Robert de la langue française (accès payant)

La définition de exprès, expresse

Qui manifeste de la façon la plus formelle et la plus impérative la volonté de quelqu’un.

Cnrtl.fr

Ce que j’en dis…

Exprès, express ou expresse ? Il y a dans ces graphies de quoi tourner la tête des plus instruits. Si l’on écarte l’adverbe exprès, l’adjectif le plus employé est vraisemblablement express (qui demeure donc invariable au féminin). Curieuse orthographe que celle de ce mot. Il paraît avoir été rédigé de façon si expéditive qu’il lui manque un e à la fin. Ceci tient à l’origine du terme.

Express vient de l’anglais express, qui désigne un train spécial ne s’arrêtant pas aux gares intermédiaires. Par extension, ce substantif est devenu un adjectif, qui qualifie une action accomplie rapidement. Dans la phrase qui nous occupe, il aurait donc fallu évoquer une visite express à Paris. L’erreur est étonnante, car l’article dont elle provient ne semble pourtant pas avoir été écrit de manière express.

Illustration :  State Records NSW – Flickr / Licence Creative Commons

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