Participes passés : accords et désaccords

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Alors qu’il avait enlevé sa victime (qu’il avait déjà rencontré quelques temps auparavant) dans la rue, le trentenaire a ensuite emmené la jeune femme agée de 26 ans jusqu’à son propre domicile (un appartement de deux pièces situé au rez-de-chaussée d’une maison multifamiliale de la ville), et l’a enfermée dans une cabine téléphonique insonorisée qu’il avait lui même transformé en chambre de torture.

Il voulait torturer une jeune femme dans une cabine téléphonique, lepost.fr, 24/08/2011

La règle :

Employé avec l’auxiliaire avoir, le participe passé reste invariable s’il n’y a pas de complément d’objet direct ou si celui-ci est placé après l’auxiliaire avoir. (…) Mais il s’accorde en genre et en nombre avec le complément d’objet direct, lorsque ce complément précède l’auxiliaire avoir.

Exemple : Le chauffeur routier a souri aux bambins après les avoir écrasés avec son camion.

Écrasés est au pluriel puisqu’il y a eu plusieurs bambins d’écrasés et que le complément bambins est placé avant l’auxiliaire avoir (Grammaire française et impertinente, Jean-Louis Fournier, Documents Payot).

Passons sur l’accent circonflexe qui manque à agée pour en venir directement à cette histoire d’accord du participe passé. Deux parties de cette (longue) phrase sont fautives : qu’il avait déjà rencontré et qu’il avait lui même transformé. Dans chaque cas, le complément d’objet direct qu’ (COD, pour les intimes) se réfère à un nom féminin (victime dans la première partie, cabine téléphonique dans la seconde). Il aurait donc fallu écrire : qu’il avait déjà rencontrée et qu’il avait lui même transformée.

L’erreur est ici d’autant moins compréhensible que l’auteur semble connaître la règle qu’il enfreint. Il a en effet écrit correctement « le trentenaire a ensuite emmené la jeune femme (…) et l’a enfermée ». De l’intérêt de se relire aussi soigneusement que Dexter nettoie son couteau taché de sang.

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2 Commentaires

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2 réponses à “Participes passés : accords et désaccords

  1. François

    La mode vestimentaire évolue ; l’orthographe également. Le chapeau a tendance à se porter lors des grandes occasions. Depuis 1990 (loi Toubon), l’accent circonflexe, obligatoire dans certaines formes conjuguées ou homonymiques, est autorisé à rester au placard dans les autres cas. Ne reprochez pas aux gens de respecter la loi !

    Soigner la langue, c’est l’aider à bien vivre ; la scléroser, c’est la tuer.

    • C’est juste, j’aurais pu m’abstenir de ma réflexion sur cet accent. Mais vous aurez noté qu’il ne s’agit que d’une remarque, le propos de ce billet est tout autre.

      Je suis sur le fond d’accord avec vous. Comme l’a écrit Montaigne : « ceux qui veulent combattre l’usage par la grammaire se moquent ». Je m’efforce, sans toujours y parvenir, de ne pas me moquer.

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