Verbes en « se » : accorder ou pas ?

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1. La faute
2. Les règles
3. Ce que j’en dis…

Paradoxe : alors que les deux candidats en lice dans la sixième circonscription ont battu la campagne pour inciter les gens à aller voter, tous deux se sont épargnés ce tracas.

Faites ce que je dis, La Voix du Nord, 18/06/2012

Les règles :

Pour les emplois réfléchis ou réciproques (…), l’auxiliaire être étant mis pour avoir, le participe passé s’accorde comme s’il était conjugué avec avoir, c’est-à-dire avec le complément d’objet direct placé avant.

Le nouveau Bescherelle – 1. L’art de conjuguer, Hatier

Le participe passé conjugué avec l’auxiliaire avoir s’accorde avec le complément d’objet direct placé avant le verbe. S’il n’y a pas de complément d’objet direct, ou si le complément d’objet direct est placé après le verbe, le participe passé reste invariable.

Idem

Ce que j’en dis…

Cas épineux que celui du participe passé des verbes pronominaux (du type : se placers’exclamer, se demander). Au passé composé, ces verbes sont employés avec l’auxiliaire être. La tentation est forte d’accorder le participe passé avec le sujet, parfois à raison. Il existe plusieurs types de verbes pronominaux. Dans la phrase qui nous occupe, il s’agit d’un emploi pronominal réfléchi (comme l’indique la définition de se procurer sur le cnrtl.fr). Il convient donc d’accorder comme si l’on avait affaire à l’auxiliaire avoir. Autrement dit, il faut accorder si le complément d’objet direct est placé avant le verbe, comme évoqué précédemment.

Ici, le complément d’objet direct est ce tracas. Il est placé après le participe passé. On n’accorde pas. Il faudrait donc écrire : tous deux se sont épargné ce tracas.

Il est préférable de connaître le type de verbe pronominal employé pour savoir s’il faut accorder ou non. Néanmoins, il est possible de le vérifier autrement grâce à une petite astuce. Il suffit très souvent pour cela de se demander si le pronom (le se de se procurer) correspond à un complément d’objet direct (COD) ou à un complément d’objet indirect (COI). Pour cela, il faut savoir s’il répond à la question quoi/qui (c’est alors un COD) ou à quoi/à qui (COI). À qui ont-ils tous deux épargné ce tracas ? À eux. Il s’agit d’un complément d’objet indirect, il ne faut pas accorder.

Pour se reposer un peu la cervelle après cette étude délicate, vous pouvez chercher une deuxième erreur contenue dans l’article analysé dans ce billet. Si vous séchez, vous trouverez un indice sur la faute de français en question ici.

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